Le Grenier de Super Daddy

 

L' A l p h a b e t  d e s  P l a n è t e s

Choisissez la planète où vous voulez atterrir, alunir ou vous aplatir !

Les planètes marquées d'une *, ont déjà au moins un satellite.

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Soleil

CATH

 

La Planète T  

La planète suivante était la planète T. A son approche, je constatai qu’elle baignait dans un halo blanchâtre et une odeur très forte de peinture et de solvants me prit à la gorge. J’atterris près d’un banc et, prise de vertige, voulus m’y reposer un instant, mais une pancarte énorme annonçant : «  Attention, peinture fraîche » m’arrêta dans mon élan. Une vieille dame à l’air triste était assise sur un caillou inconfortable à quelques pas de là. Je tentai de m’approcher d’elle en évitant les gravats qui jonchaient le sol. Je me présentai et lui demandai ce qui se passait sur cette planète. Hélas, me répondit-elle, vous êtes ici sur la planète Travaux, je fais partie des premiers colons qui s’y installèrent. J’avais 6 ans à l’époque et mes parents, comme tous ceux qui sont venus ici, étaient pauvres, mais courageux. C’était la planète la moins chère, nous aurions du nous méfier quand nous avons lu, en bas de l’annonce : « prévoir travaux ». Mais nous étions enthousiastes et tous ceux qui venaient s’installer ici étaient habiles de leurs mains…nous avons cru que la rénovation de cette planète ne prendrait que peu de temps, mais, j’ai 86 ans et le chantier n’est toujours pas achevé !!!!

Autour de nous, des hommes habillés de bleu ou de blanc s’affairaient dans tous les sens, je reconnus électriciens et plombiers à leurs mallettes, plâtriers et maçons à leurs tenues…tous les corps de métiers étaient représentés sur T. Je m’étonnai donc auprès de la vieille dame qu’avec toute cette main-d'oeuvre disponible, les travaux ne soient pas terminés depuis longtemps. Au contraire, me répondit-elle, plus ils sont nombreux et pire c’est ! Ils se rassemblent par corporation et se haïssent tellement que la vie ici est un enfer. T fuit de toutes parts ce qui crée des courts-circuits et pourrit les fondations. Électriciens, maçons et plombiers la réparent sans cesse mais plâtriers et peintres leur en veulent de tous ces trous et saignées qu’ils laissent derrière eux et qu’il faut sans cesse reboucher et repeindre. Quant au vitriers et parqueteurs, ils maudissent les précédents pour les tâches indélébiles qui souillent leur propre travail. Mais, dis-je à la vieille dame, où sont donc passées les autres femmes ? Ma pauvre, répondit-elle, la plupart, excédées de devoir sans cesse nettoyer la planète ont fui depuis longtemps. Quant à celles qui ont eu le malheur de rester, beaucoup d’entre elles ont perdu la raison et leurs maris, excédés de subir des chantages au suicide par pendaison au bout d’une serpillière, ou encore par empoisonnement au White-Spirit, les ont envoyées sur O, la planète de l’oubli. Mais alors, et vous ? Lui demandai-je enfin. Oh, moi, je n’ai pas eu le cœur de les laisser seuls. Il faut bien que quelqu’un leur prépare leurs gamelles et pense à les approvisionner en canettes de bière ! Mais, je suis bien vieille à présent et il me faudrait une remplaçante, dit-elle en me fixant d’un air plein d’espoir. Bredouillant de vagues excuses (allergie au plâtre, asthme chronique etc), je pris mes jambes à mon cou en espérant que U serait moins « cauchemardesque »

marie-anne.gerard@neuf.fr

T…Marie-Anne… la planète en travaux, le mythe décisif de pénélope cent fois sur le métier remettant son ouvrage. Fatiguant. Ph André
Voici ma T en piéce joinTe, aTTenTion de ne pas T'y aTTarder Trop longTemps !! Bonne soirée   Marie-Anne

çà alors ! Je suis plié en deux ! ça ressemble tout à fait (ou presque) à ma cuisine, où j'ai commencé une réparation de carrelage il y a quatre semaines ! Pauvre Georgeta ! Faut-il qu'elle retourne dans sa Roumanie  natale, pour éviter tant d'avanies ? Je suppose que tu t'es régalée au film "On sait quand ça commence..."    Cloddy